Quel que soit notre âge, nous partageons une même certitude: nous avons été des enfants. Nous avons traversé le territoire de nos jeunes années chacun à notre manière teintée d'histoire familiale, de lieux particuliers, d'odeurs et de saveurs qui feront monter en nous, toute notre vie durant, des bouffées d'émotion.
Cet enfant, il vit encore au fond de nous. Et il a beaucoup à nous apporter si nous faisons l'effort de lui laisser un petit espace.
"Retomber en enfance?" s'exclament certains. "Impossible!".J'ai bien trop de responsabilités pour perdre du temps comme ça..." Voilà la première erreur. L'enfant en nous, cet enfant intérieur, fait partie de notre équilibre. L'adulte -que nous sommes devenus- est comme un kaléidoscope. Il possède plusieurs facettes, qui se combinent et se recombinent sans cesse. A certains moments, c'est l'adulte raisonnable qui doit prendre le dessus pour gérer des situations sérieuses, mais l'enfant reste présent, dans un petit coin. A d'autres moments, c'est le parent autoritaire qui s'affirme, et l'adulte rejoint l'enfant tapi. Mais parfois, c'est le tour de l'enfant.
Votre enfant intérieur a beaucoup a vous apporter. Il est détenteur de votre liberté intérieure, de votre créativité, de votre spontanéité, de votre curiosité, de votre joie de vivre. Ainsi que votre vulnérabilité et de votre sensibilité.
Certes, on ne peut pas laisser cet enfant intérieur gouverner notre vie entière. Dans certaines situations, il n'est pas le mieux placé pour prendre les commandes de notre personnalité. Mais il ne faut pas jeter ce bébé avec l'eau de notre bain d'adulte! Car les qualités dont notre être adulte a besoin sont nourries en permanence par ce que dégage cet enfant intérieur. Imaginez une personne qui ne serait qu'adulte, totalement et en permanence. Elle est raisonnable, analyse les situations, pèse et soupèse le pour et le contre avant de parler. Elle est efficace, pondérée. Elle sait se contrôler en toute circonstance et ne se laisse jamais influencer par ses sentiments ou ses émotions. Mais elle aussi grave. Lourde, triste... Et souvent un brin déprimée.
Car une telle personne aurait fait taire en elle la source de vie au lieu de la canaliser.
Ceci est la première partie de l'introduction.