Il en va des poètes comme des amours brèves
Une aube les reprend une ombre les délivre
La lune de lait frais les couvre et les prolonge
L'éther pur d'un matin les délace à jamais.
Il en va des poètes comme des filles vierges
Un mot leur est poignard un regard les apaise
L'aile d'un chant lointain leur fait le sang léger
La sève d'un baiser change leur bouche en arbre
Il en va des poètes comme des prolétaires
La matière à leurs doigts se plie et se construit
La science des combats asphalte leurs chemins
Où la fraternité jette son arc en ciel
Il en va des poètes comme de nos espoirs
Toujours leur chant commence et rien ne les attache
Le passé les cimente et le présent les porte
Des fondations du monde aux cheminées du temps.