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Je déculpabilise

Ils ont dit...

“La paresse est le refus de faire non seulement ce qui vous ennuie, mais encore cette multitude d’actes -tissu de la vie, qui sans être à proprement parler ennuyeux, sont tous inutiles ; alors la paresse doit être tenue pour une des manifestations les plus sûres de l’intelligence.”
Henry de MONTHERLANT, Carnets.


“La majorité des salariés ne veulent pas travailler. Ils ont raison. Aristote le disait déjà : “Le travail tend au repos, et non le repos au travail.” Il n’y a que les patrons qui croient qu’on se repose la nuit pour pouvoir travailler toute la journée, qu’on se repose le week-end pour pouvoir travailler toute la semaine, qu’on se repose durant les vacances pour pouvoir travailler toute l’année... Et qu’on se repose pendant la retraite pour pouvoir travailler... toute la mort ? Leur modèle atteint ici sa limite ! La vérité, que sentent d’instinct la plupart des salariés, surtout les plus jeunes, est à l’inverse : on travaille toute la journée pour pouvoir avoir un toit où dormir, on travaille toute la semaine pour profiter de ses week-ends, on travaille toute l’année pour pouvoir se payer des vacances, on travaille toute la vie pour pouvoir profiter de la retraite... Le travail tend au loisir, et non pas le loisir au travail.” André COMTE-SPONVILLE, Génération 3 n°35 Avril 2005.


“L’oisiveté est la mère de la philosophie.”Thomas HOBBES, Léviathan (1651).


“Jéhovah... donna à ses adorateurs le suprême exemple de la paresse idéale ; après six jours de travail, il se reposa pour l’éternité.” Paul LAFARGUE, Le droit à la paresse (1883).

 

 


“Dans la lignée du turbulent gendre de Marx, Paul Lafargue, je soutiens le droit à la paresse. Certains gauchistes jappent en faveur du plein-emploi. J'aspire au plein-chômage, comme les surréalistes - sauf que je ne plaisante pas, moi. Les sectes trotskistes militent au nom d'une révolution permanente. Ma cause est celle de la fête permanente.” Bob BLACK, L'abolition du travail.


“Il faut en France beaucoup de fermeté et une grande étendue d’esprit pour se passer des charges et des emplois, et consentir ainsi à demeurer chez soi et à ne rien faire.” LA BRUYERE, Les Caractères (1688).


“La société populaire de Mayenne demande que les célibataires, les prêtres et tous les individus dont l’oisiveté atteste les sentiments antirépublicains soient exclus de toute fonction publique.”
Procès-verbal de la Convention nationale, 15 floréal, an II ; cité dans Jean Borie, Le Célibataire français (1976).

 

 

“Sisyphe aussi existe dans la vie, sous nos yeux, s’acharnant à briguer devant le peuple les faisceaux et les haches et se retirant toujours vaincu et triste. Car rechercher le pouvoir qui n’est que vanité et que l’on n’obtient point, et dans cette poursuite s’atteler à un dur travail incessant, c’est bien pousser avec effort au flanc d’une montagne le rocher qu’à peine hissé au sommet retombe et va rouler en bas de la plaine.” LUCRECE, De natura rerum.


“Le travail y’en a pas beaucoup, faut le laisser à ceux qu’aiment ça.”
COLUCHE, Sois fainéant.


" ... Cette fois-ci, pourtant, je viens en tant que Dionysos victorieux, qui va mettre le monde en vacances ... Mais je n'ai pas beaucoup de temps."
F. NIETZSCHE (dans sa dernière lettre folle à Cosima Wagner)


“C’est pour parvenir au repos que chacun travaille ; c’est encore la paresse qui nous rend laborieux.” ROUSSEAU, Essai sur l’origine des langues.

 

 



“Un paresseux est un homme qui ne fait pas semblant de travailler.”
Alphonse ALLAIS, Œuvres anthumes.


“Ah ! me répandre par terre comme une bouse et ne plus bouger !” Samuel BECKETT, Tous ceux qui tombent (1957).


“J’aime recevoir des lettres anonymes parce que je n’ai pas à répondre.”
Jean DUTOURD dans Télé 7 jours, 1982.

 

 

“Vous n’avez pas besoin d’essuyer votre couteau pour couper le pain de la table, parce qu’après avoir coupé une ou deux tranches il se trouvera essuyé de lui-même.”
Jonathan SWIFT, Instructions aux domestiques.


“Paresse : habitude de se reposer avant la fatigue.” Jules RENARD, Journal.


“Si tu veux avoir peu de temps, ne fais rien.” Anton TCHEKOV, Carnet de Notes.

 

 


" Paresseux en toutes choses, hormis en aimant et en buvant, hormis en paressant." LESSING.


“Aussi, je vous le dis : Ne vous inquiétez pas de la vie ou de trouver de quoi manger, ni du corps et de ses habits. La vie n’est-elle pas plus qu’une affaire de nourriture, et le corps qu’une question de vêtements ? Observez les oiseaux dans le ciel : ils ignorent les semailles et les moissons, ils ne songent pas à faire des réserves de nourriture, et pourtant votre Père dans les cieux veille à les nourrir. Ne valez-vous pas mieux ?” Évangile selon saint Matthieu, 6, 25-26.


“La propension des Bachkirs pour la paresse [les Bachkirs sont des pasteurs semi-nomades du versant asiatique de l'Oural] ; les loisirs de la vie nomade, les habitudes de méditation qu'elles font naître chez les individus les mieux doués communiquent souvent à ceux-ci une distinction de manières, une finesse d'intelligence et de jugement qui se remarquent rarement au même niveau social dans une civilisation plus développée... Ce qui leur répugne le plus, ce sont les travaux agricoles ; ils font tout plutôt que d'accepter le métier d'agriculteur” L'agriculture est, en effet, la première manifestation du travail servile dans l'humanité. Selon la tradition biblique, le premier criminel, Caïn, est un agriculteur. Paul LAFARGUE, Éloge de la paresse, citant M. F. Le Play, Les Ouvriers européens (1885).

 

 

 

 

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P
Le mouvement est aussi important que l'inaction, ce qui n'est pas bon ce sont les extrêmes (encore une fois ça n'engage que moi)...Exemple de mouvement poussé à l'extrême : la croissanceExemple d'inactivité poussée à l'extrême : la mortLa lenteur est, finalement, un bon compromis J'ai un bouquin chez moi que je n'ai jamais lu "l'éloge de la lenteur" c'est peut-être le bon moment finalement !Encore un paradoxe de la vie !J'aime bien ce genre de discussion car ça fait évoluer un peu nos "croyances".Amicalement,Peuimporte.
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M
<br /> Tu as raison, il faut les deux.<br /> <br /> J'aime assez la notion de lenteur. La vitesse, les journées trop remplies, sont bien souvent un moyen de ne pas faire face à son humanitude, sa peur de la mort.<br /> <br /> J'ai eu aussi ce livre entre les mains,je ne l'ai pas lu, juste parcouru, l'auteur se remet en question par rapport à ce qui est vraiment important dans l'existence.<br /> <br /> Oui, les blogs m'ont permis d'avoir une ouverture que j'aurais bien du mal à trouver autrement. ....Mais il faut quand même faire l'effort d'aller vers les autres en chair et en os.<br /> <br /> <br />
P
Forcement ça va me fait réagir vu l'article sur lequel tu étais passé faire un commentaire On est là pour échanger après tout ! Voilà mon idée :Le mouvement, à mon sens et cela n'engage que moi, est indispensable à la vie :- La terre gravite autour du soleil, sans gravité pas de vie.- Les électrons sont en mouvement dans le noyau, sans mouvement pas d'atome.- Une personne qui part à la retraite et n'exerce plus d'activité se voit "ramolir" beaucoup plus vite que lorsqu'elle avait une activité...Nous sommes fait de mouvement.Tu cites Thomas HOBBES : "L'oisiveté est la mère de la philosophie", mais c'est aussi "la mère de tous les vices", c'est ce que je reproche à la philosophie, beaucoup de blabla et au final très peu d'action, hors ce ne sont pas les mots qui font un hommes mais ces actes, je ne chercherai même pas d'illustration, tout le monde a un baratineur dans son entourage !C'est un vaste sujet sur lequel on pourrait disserter bien longtemps Mais bien sûr pour pouvoir bouger il faut du repos, c'est évident et c'est le cycle de toutes choses, tout ce qui commence doit finir un jour.Difficile de faire passer ses idées après autant de citation mais aucune ne m'a convaincu
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M
<br /> Ici , les commantaires sont modérés.<br /> <br /> Tu auras peut être remarqué que j'étais quelque peu provocatrice!<br /> <br /> Bien sur qu'il faut du mouvement. Mais pas n'importe lequel et pas n'importe comment. On est dans l'ère du "Travailler plus pour gagner plus" qui m' horripile. Je t'invite à lire l'article d'<br /> Yves Paccalet qui comme moi ne peut supporter ce mot "croissance". Mot qui nous mène à<br /> notre perte.<br /> <br /> J'ai écrit cet article après une année de recherche d'emploi. Un peu dépitée. Je venais de passer une Licence comme travailleur social. (pour bosser dans les missions locales, maisons de<br /> l'emploi,...) Mais après 40 ans, c'est assez difficile. Et puis je me suis rendu compte aussi que je faisais les démarches alors qu'au fond de moi, je n'avais pas spécialement envie de travailler<br /> dans ce domaine.(trois années d'expérience en tant que stagiaire + diverses actions menées avec la fac) Si j'apprécie cette voie pour son côté relationnel, d'un autre côté elle me demandait trop<br /> d'efforts concernant l'aspect administratif. Et puis dans le social beaucoup de blabla, de réunions, de dispositifs non cohérents, d'hypocrisies - il faut avoir l'air de faire mais les résultats<br /> sont maigres parce que quand il n'a pas de travail, on peut bien tourner l'affaire dans tous les sens, c'est la comédie de la chaise musicale- de couvertures tirées à soi entre les différentes<br /> associations ou services d'une même ville,...<br /> <br /> Le seul mouvement qui m'intéresse est celui qui ne laisse pas de côté les moins bien lotis. Et pour cela chacun peut oeuvrer à sa manière en donnant un peu de soi. Pour moi, c'est à travers les<br /> petites actions bénévoles et le yoga. Je trouve que la transmission de cette discipline est un moyen de s'ouvrir et d'ouvrir les autres (en douceur). On peut y faire passer beaucoup de messages<br /> mine de rien. Car avant l'action, il faut la parole.<br /> <br /> Je ne changerai pas la monde mais je ne peux non plus être heureuse en étant une spectatrice résignée. Ainsi, je fais ma part du colibri.<br /> <br /> Voilà entre cet article et ce que je suis, il y a un monde...mais pas celui de la majorité (sans prétention).<br /> <br /> Qu'en penses-tu?<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
«
De la paresse ? Booo oui, mais pas trop. Il est bon, de temps en temps, de se laisser aller, de faire une grasse matinée, de trainailler, de ne rien faire tout simplement. Mais au bout d'un moment l'activité me démange. Est-ce que l'homme est fait pour être fainéant ? Je ne crois pas.<br /> Allez, au boulot Marie-Eve !<br /> Charly...
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M
<br /> Non, l'homme a besoin de bouger au moins pour assurer son existence! Le<br /> propos ici était surtout de faire réagir que dans la vie il n'y avait pas que le travail tel qu'il était, qui comptait. A ce sujet, j'ai lu que Bernard Lavilliers a fait une chanson intitulée<br /> "Bosse" qui va dans le même état d'esprit. (Je ne l'ai pas encore entendue)<br /> A bientôt pour un grand débat!<br /> <br /> <br />
B
Je crois que je suis née paresseuse, et mourrait tout pareil.<br /> Les phrases que j'entendais petite :<br /> "tu ne sais rien faire de ses dix doigts"<br /> "tu as toujours les deux pieds dans le même sabot"<br /> Alors je fais ce qui me plait. Et cela devrait être donné à tout le monde.
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M
<br /> <br /> Hé ben ma pauv' Bellurette, tu as bien du souffrir de toute ces méchantes gens qui te culpabilisaient! Pourtant, il me semble que tu es capable de faire bien<br /> plus qu'on ne l'imagine....mais parfois les croyances sont tenaces!<br /> <br /> <br /> <br />
J
qu'est-ce que je pense de tout ça ?<br /> Dans la vie il faut me faut des contrastes pour que je puisse réagir. Trop de ciel bleu me lasserait, trop de travail épuise certes mais offre parfois un milieu convivial, rassurant même si parfois on n'a pas envie d'y aller à ce foutu boulot. On apprécie peut-étre plus nos moments de "liberté ". Certes, chaque heures de la journée est évaluée en fonction de notre rendement personnel et nos moments de rêverie sont trop court. Ciao
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M
<br /> Je ne pense pas que le travail (salarié) soit indispensable pour avoir des liens sociaux. Dans les associations, on peut les trouver également et en plus<br /> on rend service d'une autre manière à la société. Les contrastes, je peux les trouver en passant d'un livre à un documentaire enrichissant, d'une randonnée à une conversation avec ma voisine, d'une<br /> soirée animée au calme de ma maison vide,....<br /> Ma liberté, je l'apprécie tout le temps. C'est mon côté "moine" je pense. Si le travail (salarié) n'accompagne pas ma vie, c'est que je suis sûrement trop<br /> contemplative. Je ne répond pas suffisamment à la demande de la norme qui est de produire.<br /> Mais cela dit, je comprend tout à fait que pour la plupart, il faut travailler pour pouvoir manger. L'idéal serait de le partager. Certaines familles vivent<br /> dans le sur-luxe quand d'autres vont à la banque alimentaire.<br /> <br /> <br />