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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 00:28

http://a398.idata.over-blog.com/1/82/47/34/Cinqui-me/photo-haute-vitesse.jpg

Le creux entre les générations va en s’accumulant et l’uniformité du monde s’accélère. Un vieil Anglais est plus proche d’un vieux Français que d’un jeune Anglais. Ce conflit des références culturelles entre les générations et le nivellement des caractères spécifiques à chaque civilisation ont donné naissance à un sentiment d’hostilité éthique entre les jeunes et les vieux.

 

La jeunesse a de tout temps contesté, allez-vous dire. Mais aujourd’hui les hostilités ont atteint un seuil critique et apparaît la haine d’une génération contre les valeurs qui furent les nôtres. Ainsi la tradition est rompue. On ne peut assumer cette charge de prolonger la tradition qu’à une condition : qu’elle nous soit elle-même transmise par un être qu’on respecte, qu’on place plus haut que soi et, d’autre part, qu’on aime. Car le respect de la hiérarchie et l’amour ne sont pas incompatibles. En fait, je crois que cette tradition est devenue trop stupide pour que la jeune génération daigne la prolonger. Les « enfants » sont assez lucides pour voir que notre société, basée sur le développement et la réussite économique, court à sa perte.

 

Le monde n’est plus dirigé par des hommes politiques représentant l’élite de l’humanité, mais par des lobbys. C’est un phénomène inquiétant qui s’érige sur la scène publique en marge des courants politiques. L’action du lobby est totalement indépendante du régime politique, qu’il soit totalitaire ou démocratique. Il n’obéit à aucune logique, à aucun choix politique. C’est une gigantesque escroquerie que la jeunesse pressent. Voilà pourquoi elle refuse de s’atteler à la tradition, elle ne veut pas perpétuer ce système. Tout l’avenir de notre monde repose sur ce refus. Car il ne faut pas se faire d’illusion : la catastrophe est imminente et pour l’éviter, il faudrait de monstrueux bouleversements sociopolitiques.

 

On ne peut envisager contre cette catastrophe des mesures totalitaires. Le seul remède, la seule parade, c’est l’éducation. Un professeur d’économie de San Francisco a prononcé cette phrase que je cite souvent : « Il n’y a pas de problème pressant pour l’humanité qui ne débouche sur la surpopulation et l’accroissement exponentiel de l’humanité

 

Extrait du cahier sciences du Figaro Magazine « Konrad Lorenz »1983

 

 

L'article complet ICI

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 19:21

 

 

 

 

Faut du gasoil dans la bagnole
La carte bleue dans la chatte
Faut de la dinde pour noël
Faut bronzer pendant les vacances
Faut du forfait faut du forfait
Pour oublier la solitude
Faut des gonzesses à la télé
Ouais faut des pilules pour bander
Faut du gazon dans les tabacs
Il faudrait arrêter d'fumer
La salle de sport sur des machines
Faut s'essouffler faut s'entraîner
Faut marcher dans les clous
Faut pas boire au volant
Faut dépenser les ptits sous
Faut du réseau pour les enfants
Faut ressembler à des guignols
Faut que tu passes à la télé
Pour rentrer dans les farandoles
De ceux qui ont le blé
J'me ballade dans les grandes surfaces
J'ai pas assez mais faut paye
Je cours au gré des accessoires
Et des conneries illimitées
Les gens parlent mal les gens sont cons
Au moins tout aussi con que moi
A se faire mettre à s'faire baiser
Sûr à s'faire enfanter
Des bébés par des hologrammes
Des mots d'amour par satellite
Mais ces connards ils savent pas lire
Ils savent même pas se nourrir
Des OGM dans les biberons
Ouais c'est tant mieux ça fera moins con
Quand ils crèveront en mutation
Des grippes porcines sur des cochons

Oh non l'homme descend pas du singe
Il descend plutôt du mouton
Oh non l'homme descend pas du singe
Il descend plutôt du mouton

 

Faut marcher dans les clous
Faut pas boire au volant
Faut dépenser ses ptits sous
Faut du réseau pour tes enfants
Faut ressembler à des guignols
Faut passer à la télé
Faut rentrer dans les farandoles
De ceux qui font le blé

Il parait qu'il faut virer les profs
Et puis les travailleurs sociaux
Les fonctionnaires qui servent à rien
Les infirmières à 1000 euros
Faut qu'ça rapporte aux actionnaires
La santé et les hôpitaux
Va t'faire soigner en Angleterre
Va voir la gueule de leur métro
Faut qu'on se fasse une raison
On a loupé nos transactions
On s'est laissé prendre le cul
Par nos besoins nos religions
Il faut foutre le portables aux chiottes
Et des coup d'pioche dans la télé
Faut mettre les menottes
A chaque présentateur du JT

J'accuse !
Au mégaphone dans l'assemblée
J'accuse ! J'accuse ! J'accuse !
Au mégaphone dans l'assemblée

Faut du gasoil dans la bagnole
La carte bleue dans la chatte
Faut de la dinde pour noël
Faut bronzer pendant les vacances
Faut du forfait faut du forfait
Faudrait de l'herbe dans les tabacs
La salle de sport sur des machines
Faut s'essouffler faut s'entraîner
J'me ballade dans les grandes surfaces
J'ai pas assez mais faut payer
Je cours au gré des accessoires
Et des conneries illimitées
J'me ballade dans les grandes surfaces
J'ai pas assez mais faut payer
Je cours au gré des accessoires
Et des conneries illimitées

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:09

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 15:18

 

http://dfizeitungjournalinterparlementaire.files.wordpress.com/2007/05/journaux.jpg

À propos d'une citation de John Swinton,  ancien rédacteur en chef du New York Times, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880.

 

À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :

 

« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi.


Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées.


On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico.


Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent.


Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect.


Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »


(Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)

 

 

 

En apparté: La fréquentation de mon blog est monté en flèche. 110 personnes sont venus lire cet article


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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 13:12

 

 

 

Nous allons porter les yeux au-delà de l’infamie, pour deviner un autre monde possible.

Un autre monde où :

L’air sera exempt de tout poison qui ne viendra pas des peurs humaines et des passions humaines,

Dans les rues, les automobiles seront écrasées par les chiens,

Les gens ne seront pas conduits par l’automobile, ni programmés par l’ordinateur, ni achetés par le supermarché, ni regardés par la télé,

Le téléviseur cessera d’être le membre le plus important de la famille, et sera traité comme le fer à repasser ou la machine à laver,

Les gens travailleront pour vivre au lieu de vivre pour travailler,

On introduira dans le code pénal le délit de stupidité, que commettent ceux qui vivent pour posséder ou pour gagner, au lieu de vivre tout simplement pour vivre, comme un oiseau chante sans savoir qu’il chante et comme un enfant joue sans savoir qu’il joue,

On n’emprisonnera plus les jeunes qui refusent de faire leur service militaire, mais ceux qui veulent le faire,

Les économistes n’appelleront plus niveau de vie le niveau de consommation, et n’appelleront plus qualité de vie la quantité de choses,


Les chefs de cuisine ne croiront pas que les langoustes adorent être bouillies vivantes,

Les historiens ne croiront pas que les pays sont enchantés d’être envahis,

Les politiciens ne croiront pas que les pauvres sont enchantés de se nourrir de promesses,

La solennité cessera de croire qu’elle est une vertu, et personne ne prendra au sérieux l’individu incapable de rire de lui-même,

La mort et l’argent perdront leurs pouvoirs magiques, et le décès ou la fortune ne feront pas d’une canaille un homme vertueux,

Nul ne sera considéré comme un héros ou un imbécile parce qu’il fait ce qu’il croit juste au lieu de faire ce qui lui convient le mieux,

Le monde ne sera plus en guerre contre les pauvres, mais contre la pauvreté, et l’industrie de l’armement n’aura plus d’autre solution que de se déclarer en faillite,


La nourriture ne sera pas une marchandise, ni la communication un commerce, parce que la nourriture et la communication sont des droits humains,

Nul ne mourra de faim, car nul ne mourra d’indigestion,

Les enfants de la rue ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’ordure, car il n’y aura pas d’enfants de la rue,
Les enfants riches ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’argent, car il n’y aura pas d’enfants riches

L’éducation ne sera pas le privilège de ceux qui peuvent la payer,

La police ne sera pas la malédiction de ceux qui ne peuvent l’acheter,

La justice et la liberté, sœurs siamoises condamnées à vivre séparées, seront à nouveau réunies, épaule contre épaule,

Une femme noire sera présidente du Brésil et une autre femme, noire, présidente des Etats-Unis ; une Indienne gouvernera le Guatemala et une autre le Pérou,

En Argentine, les folles de la place de Mai – las locas de la plaza de Mayo – seront un exemple de santé mentale, car elles refusèrent d’oublier à l’époque de l’amnésie obligatoire,

Notre Sainte Mère l’Eglise corrigera les erreurs des Tables de Moïse, et le sixième commandement ordonnera de fêter le corps,

L’Èglise dictera aussi un autre commandement que Dieu avait oublié : « Tu aimeras la nature, dont tu fais partie »,

Les déserts du monde et les déserts de l’âme seront reboisés,

Les désespérés seront espérés et les égarés seront retrouvés, car ce sont eux qui se désespérèrent à force d’espérer et qui s’égarèrent à force de chercher,

Nous serons les compatriotes et les contemporains de tous ceux qui voudront la justice et qui voudront la beauté, quels que soient l’endroit où ils seront nés et l’époque où ils auront vécu, sans accorder aucune importance aux frontières de la géographie ou du temps,

La perfection restera l’ennuyeux privilège des dieux, mais, dans ce monde fou et foutu, chaque nuit sera vécue comme si elle était la dernière et chaque jour comme s’il était le premier.

 




Eduardo Galeano

 



 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:06
cerisier du japon

La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?


Pour 3 raisons:


1- La disparition de la nature et l'augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie, et vont permettre de générer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de médicaments et de prestations médicales...).


2- Par ailleurs, la nature constitue une référence d'un autre ordre, celui de l'univers. La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l'individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l'ordre social qui doit demeurer la seule référence.
L'urbanisation de l'environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlé, surveillé, et où l'individu est totalement immergé dans une projection de l'ordre social.
http://image-photos.linternaute.com/image_photo/540/autres-paysages-lannemezan-france-2802240253-712349.jpg


3 - Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre.
Ils cessent dès lors d'être fascinés par les marchandises, ils se détournent des programmes télévisés destinés à les abrutir et à contrôler leur esprit. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d'autres valeurs que le profit et l'argent.

Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l'ordre social est la spiritualité car elle amène l'individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social.


Pour la stabilité du "nouvel ordre social", tout ce qui peut stimuler l'éveil spirituel doit être éliminé.

 


 

Source: Sytinet

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 22:30

Profession : décontamineur dans le nucléaire

 

Claude Dubout a essuyé de nombreuses missions dans la majorité des sites nucléaires français, mais aussi pour l'armée.

Claude Dubout a essuyé de nombreuses missions dans la majorité des sites nucléaires français, mais aussi pour l'armée.

 

 

L’article du Prix 2008



On les appelle les « nomades du nucléaire ». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment « les esclaves du nucléaire »

« Le nucléaire ne m’intéresse plus, mais j’ai pas le choix. Faut bien gagner sa vie. » Philippe Caens a 41 ans, dont 20 passées au chevet des centrales nucléaires françaises. Electricien, il exerce son métier aux cotés des agents EDF, dont il partage les difficultés. Mais pas le confortable statut. Son employeur, la société Clemessy, est moins prodigue en avantages sociaux, moins généreuse en salaire.

 


Désormais attaché à la centrale de Flamanville (Manche), Philippe a aussi connu, pendant quatre ans, « les grands déplacements » à travers la France, de centrales en centrales. De 40 à 60 000 kilomètres parcourus chaque année au gré des arrêts de tranche, ces périodes où les réacteurs sont arrêtés pour maintenance. « Je suis divorcé, comme la plupart de mes collègues ».

Comme Philippe, ils sont 22 000 en France, chaudronniers, électriciens, soudeurs, robinetiers, employés par des sous-traitants. On les appelle les « nomades du nucléaire ». Beaucoup sont nés à proximité d’une centrale, dans des régions où, comme le Nord, le chômage dépasse largement la moyenne nationale. Ils connaissent par cœur les 58 réacteurs nucléaires français, répartis dans 19 centrales. Des milliers de kilomètres de câbles et de tuyaux à vérifier et à réparer dans les zones les plus radioactives.

Ces employés sont payés au Smic, auquel s’ajoutent les primes journalières, de 54 à 60 euros pour couvrir les frais de logement et de nourriture. « On essaie de faire de la marge sur les primes », raconte Philippe, qui avec ses 20 ans d’ancienneté, émarge à 10,50 euros de l’heure. Pour le logement, les plus vieux ont pu investir dans une caravane ou un camping-car. D’autres choisissent les hôtels bon marché, à plusieurs dans une chambre. Il y a aussi la solution du gîte, « c’est le moins désagréable, mais en période de vacances les prix explosent ». Il y aussi ceux qui dorment dans leur voiture, sur le parking de la centrale. « Ceux-là n’aiment pas trop en parler parce qu’ils ont honte, confie Philippe. Je me souviens d’un arrêt de tranche où le responsable des prestataires passait à 6H30 le matin sur le parking pour réveiller les gars ».

Autour des centrales, une petite économie locale s’est formée. Dans les campagnes ont fleuri les gîtes, et le long des routes, les marchands de kebab.

Au début des années 90, les sous-traitants assuraient 50 % des activités de maintenance des centrales nucléaires. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 80%. Une dizaine de grands groupes se partagent le marché. Parmi eux, Vinci, Areva, ou Suez. Ces multinationales disposent chacune de plusieurs dizaines de filiales. Pour un seul arrêt de tranche, 30 à 70 sociétés différentes sont amenées à coopérer. Cela représente plusieurs milliers de prestataires, et jusqu’à cinquante conventions collectives différentes à gérer.


La politique du moins disant


La direction d’EDF affirme appliquer « la politique du "mieux disant". » « Nous on dit que c’est au « moins disant », ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins ».


Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. A la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, « les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end. » Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.

En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. « Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours » précise Yves Adelin. EDF réplique : « la diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF. »


Pour Yves Adelin, « en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’1 million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes ».


« Rien n’est calculé pour nous »


Marc Duboile, marié, un enfant, a 45 ans. Il est magasinier, salarié de la société Techman. Il travaille depuis huit ans dans le nucléaire : « Rien n’est calculé pour nous. On n’a pas toujours de place sur les parkings. Souvent, le premier jour du contrat on attend des heures que nos autorisations d’accès soient validées parce que pour plusieurs milliers de gars, il n’y a que deux ou trois guichets mis à disposition. Et puis, vous venez de faire 800 Km depuis chez vous et on vous dit qu’il n’y a pas de casiers prévus pour vous changer. Sans parler du matériel, on attend encore des heures avant de pouvoir travailler parce que EDF ne nous donne pas les outils ».

En 2006, l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, mandaté par EDF, alerte la direction : « J’ai été surpris, écrit-il dans son rapport, en arrivant sur certains sites en début d’arrêt de tranche de rencontrer des prestataires qui déploraient le manque d’outillages en zone nucléaire. Les marchés nationaux existent, et je m’interroge donc sur l’origine de cette carence qui donne dès le départ une piètre idée de l’organisation logistique des sites ».


La direction d’EDF reconnaît qu’aujourd’hui encore « des difficultés ponctuelles peuvent exister sur certains sites. »


Plus de 80% des prestataires veulent arrêter


Depuis 1996, le centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique effectue, à la demande d’EDF, une enquête annuelle sur le moral des nomades du nucléaire. Ces enquêtes sont confidentielles. Une seule a été présentée aux syndicats, en 2005. Elle établissait que 84 % des prestataires interrogés souhaitaient quitter l’industrie du nucléaire. La direction d’EDF confirme ce chiffre, mais s’en défend : « D’autres études montrent au contraire un fort taux de satisfaction de la part des entreprises prestataires du secteur nucléaire. Mais lorsque l’on demande de consulter ces enquêtes, la direction est gênée : « Elles ne sont malheureusement destinées à un usage externe. »

En 1993, 18% de ces « intermittents du nucléaire » présentaient une symptomatologie dépressive. En 1998 ils étaient 25%. Autre symptôme inquiétant, en 2003, la mutuelle de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) remarquait que 80% des feuilles d’assurance-maladie traitées prescrivaient des calmants.

« Pour les prestataires, c’est une souffrance sociale, observe Yves Adelin. Ils ont le sentiment d’être dévalorisés par rapport aux agents EDF. Pour les agents EDF c’est une souffrance psychologique. Ils ont honte de ce que fait subir la direction aux sous-traitants »


« On est là où ca crache »


A ces conditions de travail s’ajoute un autre problème majeur, sanitaire cette fois : l’exposition aux rayons radioactifs.


Le 4 décembre 1990, le conseil de l’Union européenne adopte la directive Euratom qui impose de diminuer la dose toxique reçue par les travailleurs du nucléaire, de 5 rems par an à 2 rems par an. Seulement quelques mois plus tard, en 1991, EDF publie le « Rapport NOC ». Ses auteurs préconisent de « généraliser la sous-traitance à toutes les activités qui peuvent l’être ». Simple coïncidence ? La direction d’EDF affirme qu’« il n’y a aucun lien ».


Pour Yves Adelin, de la CGT, « EDF avait tout intérêt à sous-traiter les postes les plus exposés. L’entreprise se dédouanait de sa responsabilité par rapport aux pathologies médicales à long terme ».

Les prestataires du nucléaire reçoivent 80 % de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est « la mise au vert », c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. « Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache » confie Philippe Caens.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, « mais le suivi des doses dépend de l’employeur. A chaque société de contrôler ses salariés », explique Evangelia Petit, de l’ASN.

« La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle. »

A ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. « Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante » L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés.

 


Alexandra COLINEAU

http://www.ajis.asso.fr/article.php3?id_article=1188



Cet article a paru également chez Anna le 31 juillet,  Plume, et Charlotte



ARTICLE A RELIRE


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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 02:16

http://www.journaldumali.com/images/articles/25/1247479547792.jpg

 

Mais comment ça marche?

A quoi ça sert la banque?

Qu'est c'qu'ils font d'notre blé et de çui qu'on leur rembourse en plus? -ou pas

plein de bon sens, voici:

la banque "expliquée aux Nuls", 

en termes clairs et simples

donc à vous hahahahaahaha...

Le mécanisme de la dette

Vous vous rendez dans une banque demander un prêt, par ex 10.000 Unités de Monnaie (UDM).

Cette banque pourrait vous prêter une partie des économies de ses autres clients. Le total des prêts accordés à tous les demandeurs serait donc au maximum le total des économies déposées par tous les épargnants. Or, les banques prêtent bien plus de sous qu'elles n'en ont dans leurs coffres. C'est légal, elles ont le droit d'agir ainsi. Les banques prêtent donc des sous qu'elles n'ont pas.

Comment? Par un jeu d'écritures très simple: on crée d'un côté une colonne "moins" avec 10.000 UDM que vous devez rembourser, et de l'autre côté une colonne "plus" avec 10.000 UDM que vous pouvez dépenser.

Le côté "plus", c'est le prêt, c'est de la monnaie que vous pouvez utiliser.

Le côté "moins", c'est votre dette.

Lorsque vous remboursez, le côté "moins" diminue pour tendre vers zéro.

Car, avant ce jeu d'écritures, la banque possède "zéro". Après le jeu d'écritures, il y a encore zéro puisque d'un côté on a plus 10.000 UDM, et de l'autre moins 10.000 UDM. Mais grâce à cette opération, 10.000 UDM ont été créés à partir de RIEN, et deviennent utilisables dans le monde RÉEL. Et il existe une contrepartie à ce "rien" devenu 10.000 UDM: vous êtes endetté pour cette même somme. Car bien que cet argent ait été créé à partir de rien, vous devez le rembourser.

La colonne "moins" permet à la banque d'exiger de vous un remboursement, et même de saisir vos biens (réels) si vous ne pouvez pas rembourser. En cas de non remboursement de cet argent créé à partir de RIEN, la banque saisira vos biens RÉELS: voiture, logement, meubles, bibelots, électroménager, hi-fi, etc.

Supposons que vous remboursiez. Vous rendez, en une ou plusieurs fois, les 10.000 UDM créés à partir de rien puis mis à votre disposition. La colonne "moins" 10.000 UDM passe à zéro. Nous revenons à la situation initiale: l'argent qui n'existait pas n'existe plus.

Mais ...

... la banque vous demande de lui verser, en plus de la somme prêtée, des intérêts. La banque vous a donné une somme d'argent, donc (en théorie) vous pouvez lui rembourser cette même somme d'argent. C'est comme un objet prêté que vous rendez. Par contre, la banque ne vous donne PAS de quoi lui verser des intérêts. Vous devez donc prélever ces intérêts sur la masse monétaire en circulation.

Or, normalement, la monnaie en circulation est (devrait être) le reflet du volume de biens et de services disponibles à un moment donné:

les consommateurs doivent (devraient) pouvoir acheter TOUS les biens et services disponibles,

les producteurs doivent (devraient) pouvoir écouler TOUTE leur production.

S'il y a plus de biens et services disponibles, il est normal d'augmenter la masse monétaire en circulation, afin que les achats puissent s'effectuer correctement (ou de baisser les prix, tout dépend du cas de figure et des choix).

Or, le mécanisme de la dette prélève de l'argent "réel" en circulation (correspondant aux biens et services réels disponibles sur le marché) pour le détourner vers les banques. Et cet argent ne sert pas uniquement à payer les salaires des employés de banque. Une partie devient PROPRIÉTÉ des banques. Les banques s'approprient de l'argent "réel" ("réel" car cet argent est un pouvoir d'achat sur des biens réels).

Chaque mois, des millions d'endettés (individus, entreprises, pays) versent des intérêts à leur banque. Ils rendent aux banques de l'argent emprunté, qui a donc temporairement augmenté la masse monétaire en circulation, et ce remboursement est normal. Mais en plus, à cause des intérêts, ils diminuent la masse monétaire "réelle" en circulation. A l'échelle d'un pays ou de notre planète, les banques s'approprient une énorme partie de la monnaie "réelle" et influent sur la facilité des échanges de biens et services réels.

S'il manque de l'argent en circulation, les clients ne peuvent acheter, les producteurs ne peuvent vendre, les banques s'approprient les biens des individus ou entreprises en faillite.

S'il y a trop d'argent en circulation, les prix flambent.

Avec cet argent, les banques peuvent à leur tour acheter des biens et services RÉELS. Les banques vont ainsi bien plus loin que leur rôle de gestionnaires de comptes et de prêteurs: elles attirent à elles, via les remboursements ou les saisies, de vastes quantités d'argent leur permettant de devenir petit à petit propriétaires de terrains, d'immeubles, d'entreprises, de médias, etc.

Les banques peuvent aussi garder pour elles une partie de ces sommes colossales, diminuant ainsi la masse monétaire en circulation, et freinant l'activité économique réelle. Les usines sont là, les machines sont là, les ouvriers sont là, mais plus rien ne fonctionne!!! Les banques peuvent aussi, à l'opposé, décider de créer suffisamment d'argent pour qu'un dictateur puisse financer une guerre ...

De plus ...

... quantité d'individus, d'entreprises, de pays, n'arrivent pas à verser leurs intérêts mensuels. Beaucoup de ces "entités", plutôt qu'on saisisse leurs biens (réels), demandent alors de nouveaux prêts afin de rembourser les anciens. Leur dette ne fait que croître. Ces "entités" en arrivent à verser aux banques PLUSIEURS FOIS le montant du prêt initial.

Et dans le cas des pays, lorsqu'ils ne peuvent pas rembourser, les banques peuvent exiger d'eux diverses mesures économiques. Les banques peuvent par ex demander aux pays endettés de s'ouvrir aux importations des usines détenues par ces mêmes banques (ou par les financiers possédant les banques). Elles peuvent aussi exiger de ces pays qu'ils orientent leur production vers l'exportation afin de récupérer davantage d'argent chez les autres pays, et donc afin de pouvoir verser toujours davantage d'intérêts. Les banques prennent ainsi le contrôle de pays entiers. On peut en arriver à ne plus utiliser les terres agricoles pour les besoins des habitants de ces pays, mais pour cultiver des produits exportables. On peut en arriver (c'est la triste réalité) à connaître pauvreté, malnutrition, famine, dans des pays exportateurs de nourriture! C'est le cas de beaucoup de pays du tiers-monde aux mains du FMI (Fond Monétaire International), de la Banque Mondiale et de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Et ce trio s'intéresse de + en + à l'Europe ...

De plus (encore) ...

... l'argent des individus, entreprises, pays, ayant dépensé leurs prêts, se retrouve au final entre les mains d'un petit nombre de financiers (y compris des banques). Les millions de petites et grosses dettes sur notre planète, càd les millions de colonnes "moins", ont pour contrepartie quelques centaines ou milliers de  "gros possédants" ayant récupéré cet argent.

Une grosse partie, si ce n'est la totalité, des grosses fortunes, est donc la contrepartie des millions de dettes dans toutes les banques de tous les pays.

Je rappelle que les banques ont créé ces énormes quantités d'argent à partir de rien: d'un côté de la monnaie qui circule, de l'autre des dettes à rembourser. Les banques ont permis ARTIFICIELLEMENT d'un côté les grosses fortunes, de l'autre côté des millions d'endettés (individus, entreprises, pays).

Or je rappelle que la somme de tout ça est ZÉRO! La masse monétaire en circulation, nécessaire aux échanges de biens réels, est à peu de choses près la même, mais en plus on a permis par un JEU D'ÉCRITURES d'énormes fortunes et des millions de dettes.

On pourrait (pure utopie), annuler d'un coup dettes et grosses fortunes. La seule monnaie restante serait la masse monétaire en circulation pour les échanges de biens et produits RÉELS. On pourrait d'un coup "ré-initialiser" la situation ...

____La solution?__

Les états, et NON les banques privées (les banques "fédérales" sont actuellement aux mains d'actionnaires privés), émettent la monnaie nécessaire (si besoin) à l'augmentation de la masse monétaire en circulation. Les états gèrent leur monnaie (augmentation ou diminution) eux-mêmes. Sans emprunter cet argent avec intérêts.

Les états, et NON les banques privées, émettent la monnaie nécessaire à de gros travaux ponctuels, par ex suite à une catastrophe naturelle. Cet argent, à dépenser intégralement dans le pays concerné (pas de dividendes partant à l'étranger; pas de thésaurisation), sera tôt ou tard récupéré par l'état sous forme d'impôts et taxes (ou tout simplement annulé dans le cas d'une monnaie de consommation comme celle de "l'économie distributive"), et donc à la fin on revient à zéro. Il s'agit en quelques sortes d'un prêt sans intérêts. A la fin des travaux ponctuels, la masse monétaire en circulation revient à son niveau normal, mais la richesse réelle (routes, bâtiments, ...) a augmenté, et entre temps des salaires ont été versés, des familles ont vécu.


 

Les banques privées peuvent facturer des services, mais ne prêtent rien aux états. On peut envisager la disparition totale du prêt avec intérêt. Les banques peuvent facturer leurs services, mais pas ad vitam aeternam. Elles peuvent par ex demander une participation ponctuelle aux bénéfices d'une entreprise réalisés grâce à leur investissement, mais uniquement en cas de profit. Autre ex, la construction de la maison d'un particulier (pas de profit financier pour le particulier) ne peut PAS donner lieu à des intérêts: le particulier ne paye que le temps passé par le banquier à gérer son dossier.

De +, les banques doivent cesser de détourner de l'argent vers les circuits financiers (Bourse), et ne doivent faire aucun profit. Les salaires des employés de banque retourneraient dans le circuit réel, ce qui est correct, et on n'a ainsi pas de "pompe à fric" permettant de bâtir des empires financiers dangereux pour tous. Et susceptible de permettre à quelques uns de se transformer en "maîtres du monde".(toute ressemblance...) 


Au fait, pourquoi ne fait-on pas déjà tout ça, puisque ça a l'air si simple? Parce que les banquiers ont progressivement conquis le pouvoir depuis deux ou trois siècles. Ce sont eux nos vrais dirigeants (non élus), et non nos prétendus politiciens (élus).

Arnaud DELAGE http://batisseur.free.fr

 

Pris ICI


 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 10:50

photo-haute-vitesse.jpgL’humanité transforme la planète à une telle vitesse qu’aucun animal (pas même l’homme) n’est en mesure de suivre le mouvement tant le processus d’adaptation naturelle est lent.

 

Les grandes cultures sont nées de la confrontation des civilisations.

 

Le pluralisme culturel s’estompe. Le singulier gagne du terrain.

 

Toutes les cultures, à l’exception peut-être de celles des pays en voie de développement (et ceux-ci ne connaissent pas leur bonheur), combattent avec les mêmes armes, cultivent avec les mêmes tracteurs, vivent des mêmes monocultures, produisent les mêmes variétés de céréales et se font concurrence sur le marché international avec les mêmes produits. C’est le triomphe de l’uniformité et c’est le véritable danger qui menace aujourd’hui l’humanité.

 

Notre époque se caractérise également par le conditionnement des mentalités. La jeunesse doit donc ‘apprendre à débusquer la propagande. Les politiciens et ce que j’appelle les « producteurs » utilisent pour leur « promotion » des techniques identiques à celles employées par Hitler pour prendre le pouvoir. Premier principe de cette propagande : ne jamais s’adresser à l’intelligence mais aux sentiments (que ce soit l’amour-propre ou la peur). « Vous ne vendez pas de la lanoline mais de l’espoir », dit l’un d’eux. Leur idéal : une société où les individus seraient conditionnés dès la naissance pour acheter leurs produits.

 

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 09:52

http://blog.wildside.fr/images/Formatage-masques%20Malko.jpg

 

 

Intervention de Jean-François Bianchi :


La question évoque l’esprit des lumières. Comment l’esprit des lumières est venu transformer les fondements de notre société. La morale à l’école s’est nourrie de faits d’actualités et des normes de la République. L’Etat a ainsi formaté les étudiants à partir de cette logique là.


Qu’est-ce que l’on entend par formatage ?


Soit on dit que c’est une démarche éducative, la transmission de la pensée dominante, la vocation de formation des attitudes, le formatage religieux et philosophique, le façonnement des esprits… Soit on parle de reformatage : comment à partir d’un modèle de société nous allons reformater les esprits. Cela passe par la remise en question et la contestation du modèle dominant.


 

1- Le formatage peut être compris comme le fruit d’une éducation ou d’un modèle, il est par nature l’arme du fort. Ce modèle qui va définir une norme de pensée va être intégré dans tous les travers d’une société. Le danger survient lorsqu’il met en péril le libre arbitre : exemple: le modèle américain, qui produit une matière de modèle dominante. Quand la France dit que la culture n’est pas un bien marchant, elle ne fait que contester le modèle dominant américain.

Lorsqu’un mineur dit au tribunal « objection votre honneur », il témoigne de l’influence d’une culture et de code qui ne sont pas ceux de notre société. Il a probablement appris ces codes dans une série américaine. On reconnait dans les principes éducatifs un certain nombre de modèle de fonctionnement, l’ENA, Science-Po… Les médias et les lobbies sont des acteurs très puissants du formatage des pensées. Ils veulent rentrer dans des principes d’éducation. (par exemple : l’enseignement du souvenir de la shoah). L’homme trouve sa liberté dans le choix de ce qu’on lui propose. L’idée est que si on peut formater alors on peut reformater. Il s’agit d’une reprogrammation qui est très certainement l’art du faible.

 


2- L’utilisation de l’influence, de la polémique, va casser la norme, contester sa légitimité, et la remettre en cause. Le formatage des esprits est bien le formatage des mécanismes de la pensée qui amène à un changement de comportement. L’alter mondialisme, l’EGE s’inscrivent dans des mouvements de reformatage des esprits. A bien y réfléchir, la reprogrammation est souvent la source de sa propre disparition. Exemple du colonialisme : Les valeurs des lumières ont été transmises dans les territoires colonisés et pourtant on a perdu nos colonies.

 

Le formatage des esprits est-il l’arme du fort au faible ? Dans la logique du fort, peut-on utiliser le mot « arme » ? Probablement pas ! On ne considérera jamais le formatage comme une arme. Si l’on demande à un Américain si la culture est une arme il dira non… Si on utilise le formatage comme un outil offensif, le formatage est beaucoup plus l’arme du faible (séance de rééducation des populations par le Vietminh, endoctrinement religieux par les talibans).

 

 

Intervention d’Hervé Busini :


 

Nous ne passerons pas en revu les différentes périodes politiques. Je peux être perçu comme un agent de formatage des esprits car le journaliste de télé participe au formatage des esprits. Il est responsable, voire coupable mais il ne s’en rend pas compte. J’ai lu l’ouvrage de Christian Salmon « Story Telling » (éditions de la Découverte, 2007), ce livre est intéressant mais dans le fait qu’il fait « tilt ». C’est un choc considérable ou tout d’un coup, il y a eu une révélation sur ce qui nous guettait….Par rapport à la question qui est posée, je poserai la question du discours de vérité. Dans l’activité des différents discours, on le justifie car c’est une production de vérité. Il y a un philosophe Michel Foucault qui parle de la production de la vérité y compris à travers la production des images. La production de vérité est importante y compris pour la politique des civilisations. Quelles furent les différentes productions de vérité suivant les différents pères fondateurs de la technicité des discours. Hérodote a écrit l’enquête qui a plusieurs tomes (aller vers, sur le terrain). L’ancêtre du métier, l’ancêtre du discours de description qui parle du terrain, de ce que l’on a vu, du témoignage oculaire (Tome 2 : les croque-morts qui viennent voir les familles égyptiennes). Un peu plus tard, Thucydide, un général qui a perdu la guerre du Péloponnèse, raconte la guerre pour que l’humanité ne recommence pas les atrocités. Il critique Hérodote car il ne recoupe pas les informations. C’est le besoin d’avoir plusieurs témoins. Ainsi va naître progressivement la matrice de production de vérité. L’église va mettre en place l’art de l’interview. L’interview veut dire « avouer, se présenter dans ses complexité » c’est à dire montrer la part d’ombre, la part simple. C’est l’époque royale. L’enquête et l’aveu permettent de fonder le système judiciaire et permettent la parité, l’équilibre. Dans ce régime de vérité, on aboutit à un récit. Gaston Leroux invente le héros de type « Rouletabille » c’est l’œuvre de fiction. Cela se traduit sous sa forme vulgaire aux Etats-Unis par le grand reportage. Des femmes se spécialisent dans l’investigation. Cela aboutit aux lignes profondes de structuration du récit. La statistique apporte un autre régime de vérité au XVIIème siècle. C’est le regard global, celui qui porte sur la série : analyse de la répétition du fait et non plus seulement la narration du fait.

Le premier régime de vérité pour le journaliste se déroule de l’antiquité aux années 1950, ce sont les faits divers qui sont racontés (sur l’exemple de l’émission « faites entrer l’accusé » que Christophe Hondelatte a réactualisée ces dernières années). A partir des années 1950, c’est le régime du chiffre, « mon information est chiffrée ! » sur le « fait » de société. Intéressant car une personne incarne quelque chose qui va se reproduire. C’est là qu’intervient l’expert. Il faut un discours savant sur ce fait de société. Nous sommes sur la gestion de la vie. Problème de sexualité, de voiture, d’enfant…quelles sont les réalités chiffrées sur ce sujet. L’intégralité de nos faits et gestes peut faire l’objet d’une revue, d’une chaine télé, d’une presse. C’est ce qui crée les niches en termes de marché audiovisuel. Il est intéressant de voir comment les chiffres sont venus conditionner les décisions. Il faut aller au fait, il faut que ce soit rapide. Il y a une diffusion des arts de faire du journaliste dans la société pour produire des discours de vérité. La crise de la vérité provient du web c’est la crise de la vérité car c’est une manière de faire resurgir les individualités qui s’auto-publient dans son intimité. Le monde se morcelle au plus proche. L’invraisemblable est possible, il peut baffer et mettre sur le net, créer des communautés. Comment on intègre ce discours d’hyper individualité. Cette affaire est planétaire. Nous somme au niveau de l’humanité. La question est politique, philosophique…Comme gérer cette problématique. Dans « Storytelling », l’auteur a retrouvé les fondements du discours de vérité en expliquant comme des gens l’ont utilisé comme des armes. J’ai trouvé regrettable qu’il n’y ait pas assez d’éléments concrets sur ces techniciens de la narration. C’est vrai que la statistique a bousculé la donne. La vie est théorisée en parlant de bio pouvoir : le pouvoir sur la vie. Tout ça a pour corollaire la production d’image.

 

 

Est que le formatage est l’arme du faible ou du fort ? La question porte sur la production du discours de vérité.

 

Débat:

 

CH : Pour rebondir sur ce que vient de dire Hervé, je citerai l’exemple du mouvement d’extrême gauche Tupamaros qui a fait parlé de lui en Uruguay au cours des années 70, la première phase de leur action révolutionnaire visait à leur donner une image de « Robin des bois » (le héros au secours du faible qui lutte contre les actes d’oppression du fort). Les revendications des opérations subversives symboliques créaient à la fois une légitimité et une forme de formatage des esprits dans les couches de population qui soutenaient leur combat. Lorsque les Tupamaros ont durci leurs actions et ont sombré dans le terrorisme, leur matrice de vérité s’est affaiblie et leur propagande a perdu en résonance.

 

JFB : Dans les démonstrations il y a deux paradigmes, il y a la gestion de la cible et la gestion de la vérité. L’expert prétend à une connaissance scientifique. Aujourd’hui on a un nouvel intermédiaire entre l’expert et la crise du discours de la vérité, c’est le coach qui dit comment faire. Exemple des émissions de décoration qui formatent les esprits des téléspectateurs pour expliquer comment décorer leur habitation. Ce qui est vrai, c’est ce que l’on voit. Si on reprend les différentes étapes par rapport au cycle de décision, on retrouve Hérodote : Ce que je vois, l’église, les croyances, des attitudes avec les statistiques.

 

Philippe Baumard : Elle a bon dos la capillarité, l’archéologie du savoir, deux gros messages : la dépossession (de notre métier par la statistique), la déresponsabilisation (le spectateur). Il y a en fait une crise d’un système de production face à un autre système de production. On a le canal historique (la télévision) et d’un coup surgit ce grand phénomène, le web.

 

HB : Il y a des grandes pratiques de production de vérité qui sont à l’œuvre. Le journaliste renvoie à des choses qui sont extrêmement profondes. La capillarité s’exprime sur une période très longue. La validation dans le temps est très compliquée à expliquer. Nous ne sommes pas dépossédés par le fait qu’il y aurait une extension de la capacité à produire la vérité par la statistique. La statistique permet autre chose, on approche des réalités politiques. La restauration de l’intimité, de l’individualité avec la statistique est une garantie d’une vérité personnelle. Je pense que la statistique est une science qui a son rôle et qui suscite une pratique radicalement différente.

 

Philippe Baumard : Dans les interviews des années 50, il y avait de la ruse, des jeux …est-ce que les grands médias ne se plantent pas en prenant le web par le mauvais coté. Vous abandonnez la capacité d’intelligence en répondant au volume.


HB : On retrouve dans l’art de l’interview, un voyage dans l’intimité de la personne. Je suis d’accord que l’on n’arrive pas à copier le web, sauf par l’utilisation des petites caméras. Exemple du film de Brian de Palmas. Le brut devient quelque chose estampillé de vérité. C’est ce qu’on appelle la vidéo journalistique. Intéressant car ça permet de retrouver le témoignage oculaire, en utilisant le web.

 

Guillaume Desmorat : Quant on parle d’arme du fort et du faible, on parle d’offensive donc de violence. L’influence reste une forme de violence contre l’esprit. Est ce que le journalisme n’est pas responsable de la violence liée au formatage des esprits ?

 

JFB : L’influence c’est tout sauf l’utilisation de l’autorité et de la force. Le formatage des esprits, si l’on considère qu’il est l’objet d’une seule volonté, est d’une violence absolue. En fait il y a 200 sources de formatages, le libre arbitre s’exprime dans le choix que l’on fait de suivre une école de pensée ou une autre. Qu’est ce que la liberté de l’homme si ce n’est de choisir ses propres subordination. L’homme va devoir choisir un modèle mais il a la liberté de choisir.

 

Soufiane El Khiati : La différenciation dans le journalisme fait que le marché est hyper- segmenté, on ne reçoit plus la publicité, on prend ce qui nous intéresse. Est-ce qu’il y a une crise des médias qui ne sont plus adaptés au marché ?

 

HB : J’ai été rédacteur en chef du 20 heures de la 2, à aucun moment nous ne pensons, nous ne jugeons le choix de nos sujets, versus l’audimat… TF1 fait pareil… Il faut se méfier de ce qui apparait comme des évidences et ne recouvre aucun aspect pratique de la vie des gens. Il n’y a plus de faits divers mais des faits sociétaux… Si vous regardez bien, il y a plein de reportage de politique étrangère, exemple le Kosovo dans le 20H. Des scoops à la télé, il n’y en a plus, il n’y a rien de plus ennuyeux que le 20H. Du scoop dans l’information télévisée, il n’y en a pas, c’est ça la violence, je fais faire un sujet sur la grève, je reste une heure sur place, ou est le scoop ? Rien, c’est du vent. Par contre pour le programme, on voit l’importance de la part de marché, car les émissions sont capitales…. Toutes les 45 secondes, il faut une relance, les mecs qui passent doivent être acceptables. Dans le service public, il n’a jamais vu ça. Voir la shoah par balle le 12 mars.

 

Etre journaliste : faire les gros titres pour que l’attention soit attirée, que le journal soit acheté et que le journal soit regardé. Si on reproche à la presse sa logique marchande, la presse n’a jamais été un service public, c’est un service commercial. La dimension marchande de la presse et de l’information, existe depuis longtemps, c’est la nature profonde du marché de l’information.

 

Bertrand Terreux: Quand Nicolas Sarkozy tutoie tous les journalistes, la vérité n’existe plus, que se passe t-il à France 3 ?

 

HB : Je suis d’accord avec vous, c’est une technique du politique par excellence qui tutoie tout le monde même Angela Merkel. On voit les photos de Nicolas Sarkozy au milieu de la presse, l’air heureux, il joue de la connivence, c’est à eux et à nous d’élever la conscience des uns et des autres, qu’elle soit vigilante. Il y a plein de spécialistes de ce genre. Exemple de

 

Villiers Le Bel : Nicolas Sarkozy l’a annoncé dans une de ces émissions une semaine avant l’arrestation. Aujourd’hui on montre le contre champ, un rééquilibrage par rapport à un certain nombre de légendes. Pour retirer le doute, s’il y a beaucoup de journalistes sur place, on les montre. Autre exemple quand Nicolas Sarkozy voulait retirer une émission de France 3, cette émission était vraiment nulle. Mais j’ai répondu à Nicolas Sarkozy qui parlait de cette émission : « on assume, on défend mais derrière on nettoie la mauvaise conduite ». C’est la relation qu’il induit : « on est pote, on se parle et on se dit la vérité». Dans la gestion en temps réel, il vaut mieux avoir les idées claires plutôt que de défendre l’indéfendable….Problème de déontologie : tant qu’il y a une caméra qui est là, il ne faut pas parler sauf si elle est par terre. C’est une affaire de jeu. Ce sont les journalistes belges qui nous ont (passez moi l’expression) « mis le nez dans la merde » avec Mitterrand, qui les a jetés, ils ont tout monté et ont bien fait.


 

 

 

Source: SEMINAIRE DE RECHERCHE

Le formatage des esprits est-il l’arme du faible ou du fort ?

 

 

20 février 2008

Intervenants :

MR Jean-François Bianchi

Mr Hervé Brusini.

 

Présentation de Jean-François Bianci:

 

Spécialiste dans l'ingénierie de l'information, J-F. Bianchi enseigne la théorie et les moyens des actions d'influence appliqués aux champs de confrontation. Il est l'un des trois professeurs associé de l'École de Guerre Économique. J-F. Bianchi est titulaire d'un diplôme de 3e cycle d'Intelligence Économique (EGE, Paris), d’une maîtrise en communication (EFAP, Paris) et est breveté du cours supérieur d_état-major des ORSEM (ESORSEM, Paris). Il est également diplômé du cours de commandement interarmées (r) du Collège des Forces Canadiennes de Toronto (CFC, Canada). Il est aujourd'hui consultant en stratégie de communication au sein du cabinet Sensei Communication, après avoir été responsable de la communication et des relations extérieures de l_Office du Tourisme et des Congrès de Paris. Comme colonel (r) et spécialiste d'état-major, J-F. Bianchi sert également au Ministère de la Défense comme spécialiste des opérations d'informations et des opérations militaires d'influence. Il contribue à la rédaction et à l'évolution des doctrines militaires nationales et multinationales. Il a déjà participé à plusieurs missions opérationnelles, plus particulièrement en ex-Yougoslavie et au sein de l'OTAN. Il est détenteur de plusieurs distinctions nationales et étrangères.

 

Présentation d’Hervé Brusini :

 

Directeur délégué à l’information à France 3, Hervé Brusini a un parcours singulier (licence en Droit, doctorat de sciences politiques). Il est aussi professeur associé à l’école de journalisme de Science-po Paris. Hervé Brusini a fait l’essentiel de sa carrière dans les chaînes de la télévision publique. Il a réalisé de nombreux reportages pour Antenne 2 et l’émission La marche du siècle avant de prendre la direction de la rédaction nationale de France 3 jusqu’en 2003. Il s’occupe également de l’émission pièce à conviction. Hervé Brusini est co-lauréat avec Dominique Tierce en 1991 du prix Albert Londres dans la catégorie Grand Reporter de l'audiovisuel pour un reportage sur l'affaire Farewell diffusé sur France 2. Ce reportage a été réalisé avant la chute du mur de Berlin et relate la défection d’un agent du KGB qui a informé le monde occidental sur le pillage mené par l’URSS. Une partie des images a été filmée en URSS.

 

 


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